Wiki Clamp
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Yûto Kigai (麒飼 遊人) est l'un des plus anciens personnages créés par les CLAMP. Le collectif féminin, qui comptait alors bien plus de membres, en fait une première ébauche alors qu'il publie encore en amateur des doujinshi.
Mais le personnage apparaît véritablement pour la première fois dans les pages de la série Hagunsei Senki, scénarisée par Nanase Ohkawa et dessinée par Leeza Sei et Mokona, en juillet 1989.
Il s'agit cette fois d'une oeuvre professionnelle prépubliée dans le magazine KID'S des éditions Fusion Product. Yûto Kigai y est un étudiant du Campus Clamp qui se révèle être la réincarnation Inugai Genpachi Nobumichi, un des huit guerriers de l'Hakkenshi, un groupe de samouraïs affilié au clan Satomi ayant vécu au XVII° siècle. Il y a pour arme de prédilection une espèce de kyoketsu shoge qu'on lui retrouve par la suite dans d'autres œuvres.
La série ne rencontre pas le succès escompté et prend fin après la publication de seulement 4 chapitres. Pourtant, les CLAMP, afin dans leur forme définitive, décident de réemployer certains personnages de ce manga tels de Suoh Takamura, Nagisa Azuya et bien sûr Yûto.
Il reprendre donc du service de X, où il tient un rôle de personnage secondaire semble-t-il assez similaire à celui qu'il aurait dû avoir dans Hagunsei Senki, à la différence près que cette fois-ci il appartient au groupe de "méchant" de l'histoire, les Dragons de la Terre.
Les CLAMP font une fois de plus intervenir Yûto dans leurs histoires dans l'oeuvre crossover Tsubasa -RESERVoir CHRoNiCLE-. Lorsque le groupe de héros traverse le monde de "Tokyo", un univers très proche de celui de X c'est tout naturellement que l'on retrouve Yûto.

Description du personnage[]




Hagunsei Senki[]

Yûto dans Hagunsei Senki

Le personnage de Yûto Kigai apparaît pour la première fois dans le premier chapitre du manga Hagunsei Senki en juillet 1989. Bien que cette série fut très vite interrompue, elle permit de poser les bases du personnage tant au niveau de son design que de son caractère.
L'histoire de cette oeuvre se déroule sur le Campus Clamp où un groupe d'élèves, avec à leur tête Tôma Kazae, et un professeur se révèlent être les réincarnations d'anciens guerriers du XVII° siècle, le Hakkenshi.
Ils voient bientôt se rejouer dans le monde moderne les batailles du passé, retrouvant des ennemis dont l'âme a elle aussi traversé les siècles.

Passé de Yûto[]

Croquis préparatoire pour Yûto dans Hagunsei Senki

Croquis préparatoires des Clamp publiés dans leur magazine CLAMP NEWS

Dans sa vie précédente Yûto Kigai se nommait Inugai Genpachi Nobumichi (犬飼 現八 信道). Il vivait en 1691/92 dans le Japon médiéval ou il était un guerrier membre du Hakkenshi, un groupe de samouraïs au service du Clan Satomi, de son jeune chef, Inue Shimbē Masashi (futur Tôma Kazae) et de sa sœur Fuse-hime.
En tant que guerrier Inugai/Yûto se battait avec une arme ressemblant kyoketsu shoge (距跋渉毛), une arme ninja qui consiste en une lame à double tranchant reliée à une corde afin d'être lancée vers l'ennemi.
C'est cette même arme qu'il emploie au début du manga X.
Il était une personne aimant plaisanter mais aussi quelqu'un de vif.

Histoire[]

Dans le monde "présent" (1991/1992) Yûto est étudiant en deuxième année d'université à l'académie Clamp dans une classe Z. Il est de nature décontractée et possède une grande acuité mentale. Il a, par ailleurs, une grande culture générale avec de vastes connaissances dans tous les domaines. Il considère Tomoe Ôzaka comme sa petite sœur, bien qu'on ne sache pas si un lien de parenté les unit réellement. Cette dernière, elle, en dépit de la tendresse qu'elle à pour son grand frère à tendance à le considérer comme un playboy qui connait et courtise toutes les filles du campus Clamp. Cependant le fait qu'il n'ait pas remarqué la réincarnation de Tamazusa, prouve qu'il ne fait tout de même pas attention aux enfants de maternelle.




Clamp School Detectives[]

Yûto et Taïchiro Clamp school detective

Yûto apparaît dans un très discret cameo au côté du professeur Taïchiro Imonoyama dans le second chapitre du premier volume de Clamp School Detectives, "Détectives en herbe".
Il est attablé en compagnie la réincarnation de Taïshaku-ten et oncle de Nokoru, dans un salon de thé situé sur les terrasses du jardin de l'école Clamp lorsque les trois héros du manga Nokoru Imonoyama, Suoh Takamura et Akira Ijûin y pénètrent à leur tour.


X[]

Passé de Yûto[]

Histoire[]




Tsubasa -RESERVoir CHRoNiCLE-[]

Tsubasa -RESERVoir CHRoNiCLE-, série publiée de 2003 à 2009, raconte d'histoire de Shaolan, Kurogane et Fye D. Flowright groupe de héros voyageant de dimension en dimension à l'aide du Mokona Modoki Blanc afin de retrouver les plumes perdues de la Princesse Sakura.


Passé de Yûto[]

Histoire[]




Anecdotes[]

Le prénom de Yûto se compose de deux kanjis, 遊 (yuu) qui signifie "se divertir", "jouer" et 人 (to) signifiant "être humain", "homme", "personne". Son prénom peut donc se comprendre comme "L'homme qui se divertit", "l'homme qui joue", ou encore comme "fêtard, débauché" selon les notes de traduction de l'édition française du manga X. Un prénom qui colle bien avec le caractère désinvolte du personnage.

Son nom de famille, Kigai, quant à lui se compose aussi de deux kanjis, 麒 (ki) qui représente l'animal légendaire asiatique "kirin" et 飼 (gai) qui signifie "élever", "garder". Son nom peut donc se comprendre comme "Le maître du Kirin".

Yûto, comme tous les héros du manga Hagunsei Senki, hérite dans son nom de famille d'un des kanjis qui composent le nom de famille du personnage du roman Nansō Satomi Hakkenden dont il est censé être la réincarnation. Dans le cas de Yûto c'est le caractère 飼 (gai) qui signifie "élever" ou "garder" qui est repris. Il est présent dans Inugai (犬飼) et Kigai (麒飼).

Couverture X de Clamp avec Yûto

Couvertures du manga X original et de sa réédition sur lesquelles figure Yûto

Yûto apparaît en illustration sur le quatrième de couverture du volume 15 de la publication originale du manga X. Il s'agit du volume lié à sa carte de tarot.
Sur cette illustration il est vêtu d'un costume bleu clair avec une veste d'officier empire sous laquelle il porte une chemise blanche col droit agrémentée d'une lavallière bleu ciel .
Il se trouve sous les jets d'eau, son élément, d'une fontaine de pierre qui représente trois anges soufflant dans une trompette.
D'une part on peut y voir une opposition avec sa carte de tarot où il incarne "Le Diable" et d'autre part une référence aux trompettes de l'Apocalypse biblique décrites dans l'Evangile de Saint Jean.
Dans ce récit il est dit qu'une fois les sept sceaux décachetés Jean voit sept anges munis de trompettes qui déclenchent un désastre à chaque fois que l'une raisonne. Ainsi, quand retentit la troisième trompette (le même nombre que sur l'image), Jean voit une grande étoile ardente comme un flambeau qui tombe du ciel sur le tiers des fleuves et des sources d’eau potable, rendant l’eau amère et tuant beaucoup d’hommes (versets 10-11). Il y a donc là encore une référence à l'eau, élément lié à Yûto.
Lors de la réédition du manga en Prenium Collection il apparaît sur la couverture du volume 9. Une fois encore il porte un costume bleu qui semble presque répondre en miroir à celui de la première couverture. Cette fois il est vêtu un long trench bleu clair sous lequel il porte une chemise blanche col Mao et une longue étole bleu ciel.
Sur cette couverture il porte son arme fétiche, un kyoketsu shoge[1].
Dans son dos les motifs dorés représentent de l'eau qui s'écoule référence à son élément et à son pouvoir.

Inugai Genpachi Nobumichi incarné par l'acteur Bandô Hikosaburô IV, estampe de Utagawa Kunisada de 1847-1850

Dans le manga Hagunsei Senki, Yûto apparaît comme la réincarnation de Inugai Genpachi Nobumichi (犬飼 現八 信道) un des huit héros de la série de roman Nansō Satomi Hakkenden (Les Chroniques Huit chiens, Conte des huit chiens ou Biographies de huit chiens).
Ce livre conte les aventures du clan Satomi qui a été maudit par une femme machiavélique et un peu sorcière, Tamazusa, après qu'il a mis fin à son règne despotique.
Sa malédiction s'abat sur la princesse du clan, Fuse-hime, à qui il est promis une descendance de chiens bâtards errants.
Or, après la destruction de Tamazusa le clan Satomi ne tarde pas à être à nouveau pris dans les affres de la guerre. Comprenant que son clan risque d'être balayé par ce nouvel ennemi le père de Fuse-hime, Yoshizane Satomi, au désespoir, promet la main de sa fille à son chien, Yatsufusa, si ce dernier parvient à détruire son ennemi, le Seigneur Anzai. À la surprise générale, Yatsufusa revient bientôt avec la tête du Lord ennemi. Le seigneur Satomi, homme d'honneur, ne peut revenir sur sa promesse. Sa fille épouse donc le chien.
Bien que la relation entre l'animal et la princesse reste platonique, cette dernière finit par faire un rêve lui révélant qu'elle porte la progéniture du chien. Le Clan Satomi envoie alors quelqu'un tuer l'animal mais Fuse-hime meurt en même temps en tentant de le protéger. En mourant elle fait tomber son chapelet et 8 perles s'en détachent. Chacune d'entre elles représentent une des huit vertus du confucianisme.
Naissent alors au quatre coin du pays huit enfants, dans huit familles différentes, mais qui ont tous en commun d'avoir le caractère "chien" (犬) dans leur nom et d'être nés avec une des fameuses perles dans la main.
Inugai Genpachi Nobumichi est l'un de ces huit enfants destinés à devenir un guerrier légendaire. Il est né avec la perle "信" (shin - foi, vérité) dans la main.

Le nom de ce personnage se compose de trois séries de deux kanjis.

  • 犬 (inu) qui signifie "chien" et 飼 (gai) qui signifie "élever" ou "garder".
  • 現 (gen) qui signifie "actuel", "présent" et 八 (pachi) qui signifie "huit"
  • 信 (nobu) qui signifie "foi" et 道 (michi) qui signifie "chemin", "route".
     


Ce dernier nom, comme chez tous les huit guerriers de Satomi comporte le kanji de la vertu à laquelle est affiliée le personnage, ici la foi (信, shin).

Dans Hagunsei Senki, mais aussi par la suite dans X, Yûto se bat à l'aide d'une arme ressemblant à un kyoketsu shoge (距跋渉毛) une arme ninja qui consiste en une lame à double tranchant reliée à une corde afin d'être lancée vers l'ennemi.

Carte de Tarot dans X[]

The Devil

Carte de tarot de Yûto

Dans le manga X, Yûto est associé à la quinzième carte du Tarot, "Le Diable".
Cette carte s'inspire grandement de l'iconographie classique du Tarot de Marseille. Ainsi, Yûto apparaît ici assis sur un trône métallique sculpté dont le dossier représente deux démones cornues assises dos à dos, vues de profil, avec bandeau sur les yeux et bâillon-boule dans la bouche, dans une iconographie SM très proche des œuvres de Hans Ruedi Giger[2]. Entre leurs cornes se trouve un médaillon où figure le pentacle inversé de la Bête. Du fait de sa position sur le trône, le médaillon est au dessus de la tête de Yûto et les cornes des statues forment les propres cornes de sa tête, lui donnant l'apparence du Diable qu'il incarne ici. Yûto a à la fois une attitude dominatrice et séductrice avec son petit sourire au coin des lèvres et une certaine nonchalante. Il est vêtu d'un uniforme de cuir noir, il a une cravache rouge dans la main droite et dans la gauche il tient un bâton au bout duquel part un chaîne qui retient en laisse deux femmes nues allongées à ses pieds.
Dans le Tarot traditionnel le diable est un être androgyne, représenté cornu avec des ailes de chauve-souris, debout sur un pied d'estale ou assis sur un trône selon les versions duquel partent deux chaînes auxquelles sont retenues des créatures nues, généralement mal et femelle mais parfois comme ici uniquement féminines, qui semblent avoir perdu leur humanité pour peu à peu prendre les traits du démon. Ces deux créatures sont retenus contre leur volonté comme le montre leur licou et leurs mains attachées, mais elles ne manifestent aucune volonté de briser leurs chaines et de se détacher. Au contraire elles acceptent de peu à peu prendre l'apparence de celui qui les domine. Le diable soumet ici sans user de la force, juste en charmant. C'est là ce que représente cette carte. Le diable représente les excès, les pulsions, le désir qui si ils ne sont pas maîtrisées nous enchaînent, nous transforment nous faisant perdre notre humanité en nous ouvrant les portes de l'enfer.
Sur la carte des CLAMP, Yûto n'est certes pas figuré de façon androgyne mais les démones qui constituent son trône et forment par leurs cornes une partie de lui-même peuvent rappeler cette dualité du personnage. Dans la symbolique des cartes, le diable s'apparente aussi l'être qui a accompli son processus d’individuation en assimilant et conciliant ses propres pôles contraires mâle et femelle. C’est un être « androgyne » qui s'est éveillé à une surconscience qui lui permet de développer une puissance d’action incroyable. Le Diable représente en ce sens l’ultime étape, cruciale et déterminante, de l’évolution personnelle. Yûto est un être accompli qui ne se cherche pas et accepte sa nature à la différence de bien d'autres personnages de X.
Dans l'illustration des CLAMP les deux femmes aux pieds du trône sont comme dans le tarot traditionnel nues attachées et soumises, empruntant les codes SM du costume de Yûto pour symboliser leur abandon au diable. Cependant si celle que foule au pied Yûto est bien dans une attitude prostrée, celle de droite est elle dans une attitude plus active, s'adonnant volontairement à la luxure en léchant les bottes du jeune homme. Elle cède à ses désirs. Dans le tarot Diable n’est pas nécessairement dangereux, mais il nous pousse à répondre à ses pulsions. Celui qui parvient à les maîtriser et à faire de cette énergie une énergie créatrice plutôt que destructrice peut parvenir à sublimer ses désirs. L'impact du Diable dépend de l'individu qui lui fait face ce que peuvent symboliser par leurs attitudes les femmes aux pieds de Yûto
Autre particularité de la carte des CLAMP c'est le pentacle au dessus de la tête du Dragon de la Terre. Bien qu'on soit face au diable, on ne le trouve pas dans la symbolique du tarot de Marseille. Les mangaka empruntent ici plus au visuel des cartes de tarot de Pamela Colman Smith qui représente le diable sous la forme de la Bête, à savoir Satan, avec sa tête et son corps de bouc et entre ses cornes un pentacle inversé.
L'histoire de X s'appuyant sur le récit de l'Apocalypse de Saint Jean cette référence à la Bête paraît légitime. D'autant que dans l'oeuvre, Yûto est celui qui supplante The Beast, la machine tueuse, dans le cœur de Satsuki Yatôji.
De façon générale la carte du Diable symbolise l'ambition au niveau matériel, le sexe au niveau du cœur. Elle sert de mise en garde contre les passions poussées à l'excès menant à la déchéance. Cependant, le Diable de cette carte n'est ni bon ni mauvais, un peu comme Yûto qui bien que dans le camp des Dragons de la Terre ne provoquent pas de destruction et se montre aimable et plaisant avec ses adversaires. Le Diable est juste maître du monde de la matière.
Il est symbole de pouvoir terrestre, de réussite matérielle, de puissance sexuelle, de triomphe financier, mais ces aspects comme il est dit plus haut se doivent d'être maîtrisés, sous peine d'en devenir l'esclave et de les voir devenir sexualité, adultère, trahison et malchance. Cet arcane est aussi synonyme d'un fort magnétisme, il évoque la magie, l'occultisme, les envoûtements. Yûto est un personnage qui envoûte son entourage sans pour autant chercher à forcer cette attirance, un peu comme ce diable séducteur. Il est d'ailleurs souvent évoqué dans la série le fait qu'il ressemble à un hôte d'host club.
Mais il ne faut pas oublier qu'avec cette carte celui qui signe un pacte avec le Diable doit être prêt à en payer le prix. On peut alors se demander si ce prix est celui que devra payer Yûto qui par facilité a choisi de répondre à l'invitation de Kanoe en devenant un Dragon de la Terre, ou celui que devra payer Satsuki pour avoir été séduite par Yûto et délaissé Beast.
Sur le plan "initiatique" la carte du "Diable" suit celle de la "Tempérance". Symboliquement on passe de "l'ange élu" à "l'ange déchu" plus exactement, du message de vie et de régénération transmis par la Tempérance à celui du processus alchimique, l’ébullition, l’effervescence, la fermentation.
Cette idée "d'ange déchu" est renforcée sur la carte du tarot de Marseille par le fait que le Diable porte dans sa main gauche une torche censée représenter le feu voler à Dieu. Un vol qui lui vaut sa damnation tel Prométhée volant le feu aux Dieux et s'apparent ainsi de leur pouvoir et de leur savoir. Yûto lui ne l'a pas, mais la cravache rouge qu'il tient dans sa main droite de par sa couleur et sa fonction (celle de dominer) peut rappeler cet attribue.
On voit, enfin, que cette carte est associée à la lettre "ע" (ʿAyin) seizième lettre de l'alphabet hébraïque. Cette lettre signifie "œil" mais une explication des concepts fondamentaux de la Kabbale laisse entendre qu'il y aurait un autre sens possible à ʿAyin, le « néant » qui est selon l'interprétation kabbalistique de la manifestation de l'Ein-Sof (l'infini) dans la création. Cette lettre a pour valeur numérique 70. C'est la lettre qui a donné le omicron (Ο, ο) de l'alphabet grec et la lettre latine O. La présence de cette lettre sur la carte du "Diable" et dû principalement au fait qu'elle soit la 16ème lettre de l'alphabet hébraïque. Bien que le "Diable" soit numéroté comme la quinzième lame du tarot, elle est la seizième si on prend en compte la carte du "Mat", non numérotée.


Références[]

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